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MONTCHANIN-BLANZY CANTON 71

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L'orgasme

L’orgasme

 

                Depuis une heure je suis ici, devant cette porte, je ne compte plus les cigarettes consumées. Une attente de presque 18 mois. La justice a enlevé mon fils pendant 18 mois ; a t-il tuer, blesser NON, mais incarcéré comme tout autre criminel et encore ceux ci qui purge de lourde peine ont plus de facilité que dans les maisons d’arrêt. Quelle humanité, sur quelle base peut-on condamner,   quelqu’un sans défense car l’argent ne suit pas et les avocats désignés d’office, pour eux c’est

« à travers ce beau Morvan, d’un château à un autre pour

arrivée à une grande casemate  qui elle ne demande pas de visite",
 

une affaire banale, en plus rémunérer au tarif syndical, alors pourquoi se creuser la tête. Ces gens la ne voient que l’accusé mais ils ne regardent pas derrière, la famille ; En condamnant une personne ils en condamnent plusieurs qui sont eux innocent de toutes infractions,.

        Il tombe des gouttes, la porte toujours close. Dans ma tête les mauvais souvenirs de ces derniers mois, moi handicapé, mon fils qui m’assistait dans tous les domaines, ménage, cuisine, jardinage etc.. Et d’un seul coup deux gendarmes viennent kidnapper mon fils. Tout seul comment faire ? Toute mon organisation est à revoir, je m’exile avec ma chienne Maïcka chez ma maman qui a 85 ans, invalide-elle aussi, mes sœurs ne sont pas loin du domicile familial, deux personnes à s’occupées autre que leur travail personnel. Le temps est long d’habitude chez ma maman j’y resterais des mois des années, mais cette fois il y a quelque chose qui m’attire en mon domicile. Peut être le fait qu’il y ait les affaires de mon fils, peut être que je suis plus près de lui, question ? Cela fait que je suis doublement assisté, ma fille, mon frère,  ma sœur cadette, mon beau-frère toujours près de moi suivant eux aussi leurs possibilités, les nuits tout seul. J’ai même pensé à aller dans une maison pour ne pas toujours dire « dit demain tu pourrais ? Tu pourrais me faire mes courses ? J’ai une ampoule à changer etc.… » Et je ne parle pas des jours de parloir, la dernière fois je  suivais mon fils vers sa cellule, dur de voir partir et dire que je le reverrais que la semaine prochaine.

              La pluie redouble d’intensité, je me mets à l’abri avec mon frère dans le local d’accueil et nous attendons, si cela continu le tabac le plus proche va être ma prochaine visite.

             Dans cette salle des personnes en majorité des femmes qui viennent voir un être cher, comme je l’ais fait durant de nombreux mois, montrer patte blanche, même laisser ma canne blanche pour prendre une vulgaire béquille ! Passer de salle en salle, attendre et attendre de nouveau à l’aller comme au retour ; Quarante minutes de route quand tout va bien, trente minutes avant et après la petite heure  de contact avec mon fils et rebelote 40 minutes de route. Soit un après-midi entier pour une heure de joie et de tristesse lorsque le gardien nous annonce la fin du parloir, ne jamais dire que cela n’arrive qu’aux autres, JAMAIS, notre vie est longue lorsqu’elle est semée toujours de quelques embûches quelquefois terribles. Oui ne jamais dire JAMAIS

           Les personnes du premier parloir sortent-elles vont laisser leur place a celles qui sont présentes en ce lieu de notre attente qui est éternelle. Et je repense ma solitude, avec Maïcka, ses journées pluvieuses, mornes, à donner plus que le cafard, mais comme je le répète souvent la vie est ainsi faite, bonheur il y a malheur lui non plus ne cesse de toujours hanter  ce que nous sommes, des être humains,  mais est-ce que l’humanité existe lorsque des êtres jugent des autres êtres sans savoir le négatif du positif ?  Vouloir et ne pas pouvoir, tient au faite il faut que je demande, et bien non cela est impossible, l’incarcération  est pire que de parler à une tombe, c’est pour cela que d’écrire peur-être n’importe quoi : Mais cela soulage-je ne sais pourquoi ?

               La pluie tombe, les secondes s‘égrènent, des personnes arrivent pour le dernier parloir de la journée, des voix pour certains qui ne me sont pas inconnues, enregistrées depuis ce temps éternel.

Une belle éclaircie se manifeste, il y aura-t-il une lueur vers cette porte de plus en plus obsolète en mes yeux malades ?

2 heures, longues de passées, je me rappelle de l’aller retour depuis la Nièvre, des kilomètres, parti à 12h50 et revenu chez maman à 19h40, journée usante pour moi, handicapé, démoralisante si cela devait se reproduire ! 300 kilomètres à travers ce beau Morvan, d’un château à un autre pour arrivée à une grande casemate  qui elle ne demande pas de visite, pourtant elles sont guidées. Et oui une quinzaine de jours loin de mon domicile tout cela par nécessité de pouvoir m’assister, et lorsque je reviens chez moi, il faut reprendre ses marquas, car d’une maison à une autre les objets ne sont pas disposés de la même façon, alors au début on est un peu perdu, et une nouvelle réorganisation recommence et cela jusqu'à quand ?

 

Je ne me la poserai plus très bientôt, peut-être dans 5 minutes, 10, 15 cela ne fait rien car je sais qu’aujourd’hui je ramène mon fils à la maison.

Il y a les petits enfants qui se chamaillent gardés par des personnes bénévoles le temps que leur maman rende visite sûrement à leur papa, lorsqu’il y en a qui viennent au parloir je ne sais pas pourquoi mais cela me fait mal, voir ces petits bouts de chou sur les genoux de leur papa pour un court instant, cela doit être dur pour le père !

Et ce bruit de porte métallique, qui se ferment comme dans un vestiaire d’entreprise, la fermeture des casiers ou nous mettons nos affaires qui ne peuvent entrer en cette enceinte. Et ce jour, ou mon fils m’avait donné son linge car il en avait de trop,  son odeur qui avait disparu de notre domicile, ce linge qui sera laver dans notre machine, ranger délicatement dans sa penderie en attendant son retour. Ce n’est pourtant rien du linge mais du linge absent pendant des mois c’est plus que précieux.

Et je me rappelle le jour ou je devais aller voir mon fils, personne la veille encore pour transporter l’assister que je suis. Envisager tous les moyens, trains, taxis, amis etc.. Et la délivrance la veille au soir, c’est mon frère qui m’emmènera OUF!

 Tous des petites choses mais dans ces cas là, elles deviennent d’une priorité absolue, savoir que mon fils sait qu’il me verra et moi ne pas pouvoir, je pense et cela est sur d’énormes idées noires auraient circulé dans la tête de mon fils, pourquoi papa n‘est pas la, as t-il eu un accident ? Est-il malade ? Plein de questions qui seraient restées sans réponse, heureusement tout au long de cette rude épreuve j’ai pu compter sur ma famille,

Lorsque les gendarmes sont venus pour voir le logement en cas de la mise en place du bracelet électronique, quel baume au cœur, mais il a fallu attendre que tous les papiers se fassent

dans les règles. Pendant ce temps je ne pouvais plus aller vers ma maman, en cas que !

Des jours à attendre sans nouvelles du juge d’application des peines, des gendarmes quoi rien, dans le brouillard complet, peur d’être absent lorsque l’ont amènerait mon fils, et oui beaucoup de choses défilent dans ma tête, ses dîners tout seul, quoi une solitude qui heureusement ne date pas d’hier et que j’ai su dompter lors du départ de Françoise et m’organiser en conséquence, mais a cette époque il n’y avait pas handicap, maintenant il faut faire plus en étant un être  diminué. Je ne pourrais jamais, comment le dire comme cela est énorme, remercier toutes les personnes qui ont contribué à mon bien être, ce n’est pas MERCI  le mot  est encore plus herculéen,  sa définition n’existe point.

Les personnes du dernier parloir partent avec le surveillant, bientôt  les autres « visiteurs » reviendront, reprendront leur affaire tout en pensant au prochain parloir.

Moi je n’y pense déjà plus, pourrais-je recommencer ce périple ? Je ne crois pas.

Car dans le mois de décembre, une lassitude, une corvée morale, incroyable plus avoir la force de vouloir aller rendre visite à son fils, heureusement ma sœur faisait office de chauffeur, autrement demander, quémander, NON je n’en avais plus la force, j’arrivais peut-être à un point de non-retour, sans espoir, plus cette lueur, je ne sais pas, encore aujourd’hui je me pose cette question ?

Ci cela continu nous allons revoir les derniers «visiteurs» revenir, attendre, attendre mais cette fois ci pour du positif, aller sacré porte ouvre-toi, il faut peut-être que je rajoute sésame.

Suivez le guide, direction l’accueil, salle à l’extérieur de la maison d’arrêt, nous donnons nos cartes d’identité, le surveillant vérifie en rapport à ses documents, il garde notre carte. Nous attendons, après un certain temps nous nous dirigeons vers la porte d’entrée, l’agent demande l’ouverture, nous pénétrons dans l’enceinte à l’appel de notre nom nous passons dans le sas détecteur de, je ne sais quoi ! Moi il me retire ma canne blanche pour me donner une béquille sic… comme d’habitude il y a toujours des gens qui oublie d’enlever, leur ceinture, boucle d’oreille, bottes, montres briquets etc.…ensuite l’autre porte ou nous traversons extérieurement une place ou il y a un héliport, ouverture d’une porte à barreaux, tunnel grillagé pour arrivée à une autre porte télécommandée du poste principal de garde, le surveillant demande l’ouverture de la porte 203 et nous voilà dans un nouveau local tous prés des parloirs ou nous entendons les personnes qui sont venues avant nous, une dizaine de minutes après la porte s’ouvre enfin, avant le surveillant nous donne le numéro de notre box, nous nous dirigeons à l’endroit indiqué et nous attendons la venu pour moi mon Fils, et pendant à peu près une heure nous discutons et d’un seul coup « PARLOIR TERMINE » et nous faisons le chemin à l’envers en attendant dans une autre salle, la 204 quelquefois une demi-heure. Le surveillant nous redonne nos cartes, nous reprenons nos affaires mis dans les casiers et direction voiture et maison, mais pour ma sœur s’est direction la Nièvre.

Le mois de décembre, un brouillard au départ de chez moi, plus rien après « les Baudots », les « visiteurs » emmenais les colis de Noël, ceux-ci ne doivent pas dépasser 2 kilos 500 grammes et que 2 colis. Alors avec Françoise nous avons fait chacun, moi avec ma sœur, cela ne donne pas le moral de savoir que peut-être mon fils passera les fêtes en prison ! Mais ce fameux jour c’est le temps, un brouillard qui augmentait de plus en plus jusqu'à mon arrivée car ma sœur avait encore du chemin pour se rendre en son domicile. Enfin deux heures après mon arrivée la délivrance ma sœur est bien arrivée s’étant battu contre le temps et risquant l’accident. Ce jour est peut-être  le dernier voyage pensais-je ! Ne plus se battre contre les éléments car la neige peut arriver d ‘un jour à l’autre.

Noël arriva, le Jour de l’An lui aussi, les mercredis se suivaient, quoi tout ce que je craignais est bien arrivé, les fêtes je les passerais seules avec Maïcka. Les visites journalières de mes proches. A cette époque que je scribouille je ne me rappelle même pas combien cela fait-il de temps que je ne suis pas descendu au bureau de tabac, qui est incarcéré messieurs, mesdames les justiciers ?

Et ce mois de janvier, ma sœur malade, mon frère qui m’emmène, heureusement, je me le répète souvent, qu’il y a ma famille et ce jour ou le mardi la météo annonçais de la neige, et elle tomba interdisant à ma sœur de pouvoir venir du Morvan, mon frère me téléphonant le mercredi matin pour dire que les routes étaient impraticables, la route express bloquée  

par des centaines de camions, et le coup de téléphone à 13h30 comme quoi il était impossible d’aller voir mon fils !

Alors j’ai commencé une lettre en son attention, faisant le parcours, nous arrivons à l’échangeur, nous passons le petit village, a droite et plus loin nous retrouvons la route de la Ferté et je me vois descendre de la voiture, aller à l’accueil, donné ma carte d’identité etc. malheureusement cela était virtuel. Il était 15h30, que pense mon fils ? Nous sommes dans l’incapacité complète de pouvoir le prévenir que nous ne pouvons point lui rendre visite, il doit se poser des questions, peut-être un incident, quoi des idées malvenues lorsque l’ont est enfermé sans pouvoir savoir ce qui se passe à l’extérieur.

J’attendais le vendredi avec impatience, le coup de téléphone de la maman de mon fils qui ce jour là était près de lui et qui me donnera des nouvelles pour que je pusse enfin être rasséréner.

 

Arriva le mercredi du dernier parloir, 8 jours après mon fils auprès de moi, cela fait drôle de lui dire «  bon si tu veux me voir, tu viens à la maison » et oui une semaine à attendre ses journées éternelles, mais il me reste la question, comment réagira t-il après une si longue incarcération ? Une réponse que j’aurais dans la semaine à venir.

Malgré que les journées soient plus longues de clarté, il fait déjà sombre que fait t-il ? Les derniers « visiteurs » quittent l’enceinte, peut être les suit-il ?

 

Dring ! Dring ! « Bonjour, ils se sont trompés, notre fils ne sort pas jeudi, s’est repoussé à lundi »  silence s’installe, colère, envie de tout casser, répéter énième fois « n’importe quoi ! » Tourner dans la maison que puis-je faire, de réflexion en réflexion, comme je le sais ses gens la personne ne sait comment les prendre, un grain de sable et ces soit disant êtres humains se froissent..

Je ne fais qu’une lettre à mon fils pour lui faire comprendre mon indignation et je le répète n’importe quoi ! Moi qui avais fait faire les courses pour deux, fait son lit, sa chambre quoi tout pour rendre la maison le plus accueillant possible car comme je l’écris ci-dessus comment sera-t-il à l’air libre et bien ce n’est plus 2 jours que je vais attendre mais 6….à suivre…

 

Vécu romancé, extraits de « la vie est ainsi faite »

     Pierre LEMAITRE – (janvier 2007)

 

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M
Quel témoignage émouvant, il faut témoigner, parler, ne pas taire, je vous embrasse très fort, il faut briser le silence, et puis, je vais vous dire une chose, ...., je ne faisais plus de courses quand je les attendais, car ... c'était des bombes qu'il me déposait devant la mison quand ce n'était pas "lui" le père qui était une bombe et faisait parler sa bouche de canons. Non, je ne faisais plus les courses ... si elles restaient je les emmenai au restaurant car la plupart du temps elles téléphonaient à leur père pour qu'il vienne les chercher à peine un bonjour prononcé.... Ne faites plus les courses, et plein de regards d 'empathie. m@rie. Heps ! J'oubliais ...Bonne Année!
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