Le débat avait chahuté les débuts de Rachida Dati au ministère de la Justice. C’est désormais Michel Mercier qui hérite du bébé. Le 1er janvier, plusieurs tribunaux de grande instance
ont fermé leurs portes. Ce sont des
petites villes comme Tulle, Hazebrouck ou Morlaix qui ont été touchés. Au nom de la rigueur, le gouvernement a fait le choix de regrouper les juridictions. Et donc, plusieurs communes
se voient privées de tribunaux et de magistrats. Ces suppressions touchent les usagers bien sûr mais aussi et surtout la police qui, par définition, est amenée à travailler au
quotidien avec la justice.
Premier problème : le déplacement des mis en cause (les suspects) en vue d’une présentation au parquet ou pour une comparution immédiate. Naturellement, si les policiers doivent
amener l’intéresser plus loin, il faudra mobiliser du personnels plus longtemps (et plus d’essence accessoirement). Personnels qui sont donc indisponibles pour leurs tâches de
patrouille et d’enquête.
Exemple à Dinan, 11 000 habitants, le TGI sera déplacé vers Saint-Malo. Joint par Marianne2, Didier Depaye, responsable local d’Alliance, estime que la police «
n’a pas les
effectifs » pour assumer cette surcharge de travail. Mais il affirme n’avoir eu «
aucune consigne, aucun renseignement » de sa hiérarchie pour gérer cette nouvelle
donne. On dira que Dinan, petite bourgade bien tranquille, n'est pas Villers-le-Bel. Mais Didier Depaye signale que même s’il travaille sur une plus petite circonscription de police
de France, il y a une «
grosse surcharge de travail ». et qu’elle se situe dans «
un triangle entre Rennes, Saint-Malo et Saint-Brieuc » avec les déplacements de
délinquance
que cela implique notamment en matière de trafic de drogue. De son côté, la Direction générale
de la police nationale n’a pas souhaité communiquer sur le sujet.