Rufin décrit enfin des scènes surréalistes, un ministère
des affaires étrangères investi par les Shadoks : « M. Kouchner a réorganisé le ministère à la manière d'une organisation non gouvernementale (ONG). Il a créé une
“direction de la mondialisation” au titre ronflant, qui laisse entendre que la France peut régler les problèmes du monde. Mais quand vous pénétrez dans les bureaux, vous découvrez
deux personnes sans aucun moyen, supposées lutter par exemple contre le réchauffement climatique ! ».
Un constat dont la virulence n’a pas plu au ministre des affaires étrangères qui dans un premier temps a préféré ignorer la charge de son ancien « copain », sensible comme
lui aux causes humanitaires: « De qui parlez vous ? Ah ! l’homme que j’avais nommé, qui n’était pas ambassadeur, et qui n’est pas content que je ne lui
téléphone pas alors qu’il a demandé lui-même à partir ».
Sur le fond, Kouchner récuse tout affaiblissement du Quai d’Orsay : « qu’il y ait des influences contradictoires, je le sais. Lui aussi et c’est pour ça que je me
réjouissais de travailler avec lui ».
Le règlement de comptes a continué à l’assemblée nationale, après une question de Jean Glavany au ministre affaires étrangères, Bernard Kouchner a salué « l’action de cet
ambassadeur à Dakar. Mais cela ne lui permet pas d'avoir un droit ni de regard sur les nominations ni de critiques sur un successeur» avant de souhaiter qu’il « ne
s'étouffe pas de haine ». Tout en diplomatie.