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20 Avril 2010

«J'ai constaté, dès la première rencontre avec le ministre lundi, que le dialogue était faussé» déclare Bernard Thibault dans une interview au Journal du Dimanche publiée ce matin. Alors que la concertation des partenaires sociaux au sujet de la réforme des retraite a débuté lundi dernier, le secrétaire général de la CGT se plaint du «double langage» tenu par le ministre du Travail.
Eric Woerth accepterait en privé de discuter de financements nouveaux des régimes de retraites pour se dédire quelques heures plus tard devant les caméras. Idem à propos de l'idée d'une réunion regroupant syndicats, patronat et gouvernement, afin de confronter les propositions. «Le ministre n'a pas refusé, mais dans l'heure qui a suivi, son cabinet a fait savoir aux journalistes qu'il n'en était pas question», se plaint Bernard Thibault.
Une attitude qui conforte le secrétaire général de la CGT dans l'idée que le gouvernement veut «empêcher la tenue d'un vrai débat transparent», tout en cherchant «à donner le change avec un semblant de dialogue social». Si la concertation des syndicats a débuté cette semaine, les positions des uns et des autres revêtent encore un fort antagonisme. Le gouvernement semble privilégier l'hypothèse d'une augmentation de la durée de cotisation, et éventuellement d'un report de l'âge légal de la retraite. Des mesures que Bernard Thibault jugent être «celles du Medef», et auxquelles les syndicats, CGC exclue, demeurent très opposés.
Eric Woerth a de son côté réfuté disposer «d'une réforme dans un coffre-fort ou un tiroir. Rien n'est écrit, tout doit être déterminé et on a absolument le temps de le faire», a estimé le ministre du Travail invité dimanché du «Grand rendez-vous» Europe 1/Le Parisien. Eric Woerth a également précisé que les «options» du gouvernement sur le sujet seraient dévoilées le 15 mai prochain, après consultation des grands responsables politiques, dont Martine Aubry le 28 avril.
L'objectif du gouvernement demeure de présenter un projet de loi en conseil des ministres à l'horizon de la fin du mois de juin. D'ici là, une mobilisation importante le 1er mai pourrait infléchir les choix gouvernementaux, estime Bernard Thibault.
Alors que le conflit social à la SNCF se poursuit pour le douzième jour consécutif, Bernard Thibault juge sévèrement la direction de l'entreprise publique. “ La situation est anormale car la direction a sous-estimé le mécontentement et, pire, elle perd du temps pour négocier”, estime-t-il, ajoutant que “chacune de ses déclarations péremptoires a renforcé le conflit“. Samedi, les négociations semblaient toutefois prendre un tour plus positif, le secrétaire général de la CGT-Cheminots, Didier Le Reste, ayant fait savoir que «les choses commencent à bouger». Les discussions engagées en régions ont donné de «premiers résultats». «Mais tout n'est pas réglé, loin s'en faut», a-t-il tempéré.