1) Cette information prouve, à l’évidence, que depuis le début de cette affaire, Claire Thibout est bien informée lorsqu’elle évoque des remises d’enveloppe à des politiques.
2) Le rendez-vous « Patrice et trésorier », inscrit dans l’agenda de la comptable, le lendemain de la remise d’enveloppe, ne laisse-t-il pas entendre clairement qu’il s’agissait de
remettre à Eric Woerth, en tant que trésorier de l’UMP, les 50.000 euros remis la veille ?
En tout cas, pour la première fois, les enquêteurs tiennent une piste tangible. Le 21 décembre 2006, Liliane Bettencourt demande 500.000 euros en espèces à la banque Dexia (lire
Marianne n°692). Refus circonstancié de la banque qui lui accorde finalement 100.000 euros contre un chèque libellé à son ordre. Le 18 janvier 2007, trois mois à peine avant le 1er
tour de l’élection présidentielle, Claire Thibout remet une partie de cette somme, 50.000 euros, à Liliane Bettencourt au cours d’un rendez-vous qui apparaît à la fois dans l’agenda
de la milliardaire et dans celui de la comptable. L’héritière de L’Oréal remet alors l’enveloppe à Patrice de Maistre. Puis, le lendemain, le même de Maistre rencontre Eric Woerth au
« café », au cours d’un rendez-vous qui, cette fois, est inscrit dans l’agenda de Maistre et dans celui de la comptable.
Quelle explication Eric Woerth et Patrice de Maistre vont-ils cette fois avancer pour se justifier ? De Maistre pourra éventuellement arguer qu’il n’a fait que boire un « café » avec
son « ami » Eric Woerth. Mais ce dernier est désigné es qualité de « trésorier » par Claire Thibout dans son agenda : trésorier de l'UMP et, donc, de la campagne du candidat Nicolas
Sarkozy. L’audition de l’ex-ministre du Budget, qui doit intervenir d’un jour à l’autre, s’annonce décidément passionnante.