Le CDI est en danger. Le blogueur Slovar revient sur un rapport du
FMI qui préconise l'instauration d'un contrat unique de travail dont Nicolas Sarkozy s'était déjà fait le défenseur lors de la campagne présidentielle.
Doit-on partager le travail ou le chômage ?
La question, loin d’être anodine, pourrait être en ces temps de chômage de masse à la base d’un choix de société pour le futur !
Dans le cas du FMI, on a une solution : Mettre fin rapidement aux « privilèges scandaleux » des salariés en CDI !
Quelle est l’analyse du FMI sur la situation du chômage ?
Le FMI s’inquiète de la situation et écrit dans un chapitre des « Prévisions économiques mondiales » semestrielles : « (...) Le FMI a basé ces prévisions sur
un examen des tendances de l’emploi lors des phases qui ont suivi les précédentes récessions mondiales. Pour plusieurs économies développées, la possibilité d’une reprise lente de
l’activité et la nature de la récession récente présage de taux de chômages élevés à court terme », a prévenu le Fonds (...) Comme un chômage élevé peut rapidement
devenir un problème structurel, cela pourrait entraîner des difficultés politiques et sociales graves (...) La profondeur et la durée de la Grande récession dans plusieurs économies
développées a créé la nécessité de certains ajustements structurelles pour leurs marchés du travail (...) La tâche des responsables politiques est de faire en sorte que cet ajustement
se fasse le plus en douceur possible et de minimiser les conséquences économiques et sociales de long terme d’un taux de chômage obstinément élevé (...) »
Et quelle sont ses suggestions proposées dans son rapport ?
Le FMI propose tout simplement aux pays « (...) où le marché du travail est plus protégé (Allemagne, Espagne, France et Italie), que « certaines mesures devraient être
prises pour s’attaquer aux conséquences négatives de marchés du travail coupés en deux » entre titulaires d’un CDI et d’un CDD ! D’après lui, pour ces pays, « faire
la transition vers des contrats de travail à durée indéterminée dans lequel la sécurité de l’emploi augmente progressivement avec l’ancienneté pourrait contribuer à améliorer la
formation des salariés et accroître la couverture en allocations chômage » -Source
AFP/Google
En gros, d’utiliser les conclusions durapport de Pierre Cahuc et de
Francis Kramarzqui préconisaient la mise en place d’un contrat de travail unique (CTU)
que François Bayrou avait inscrit à son programme présidentiel et que Nicolas Sarkozy, séduit un temps par la formule, avait finit par abandonner dans la mesure où le MEDEF refusait
de voir disparaître le CDD.
Comment ça fonctionne le contrat de travail unique (CTU) ?
Cyril De Guardia de Pontéqui
se présentait comme : « conseiller national des jeunes démocrates, vice président des jeunes démocrates des Pyrénées Orientales » Publiait en Juin
2007sur Agoravoxun article à ce
sujet : « Faut-il fusionner CDD et CDI en un contrat unique ? . »
«Les détracteurs du CTU mettent en cause la dualité du marché du travail entre
les titulaires d’un CDI, assurés d’un revenu régulier et fixé, ayant la certitude de l’emploi et l’assurance d’une retraite, et les titulaires d’un CDD étant le plus souvent des
travailleurs précaires alternant entre intérim et CDD. Aujourd’hui, la délivrance d’un contrat à durée indéterminée est de plus en plus rare, plus d’une personne sur cinq en âge de
travailler n’en bénéficiant pas.
Pour une approche sans ambiguïté, le CTU n’est pas une idée d’inspiration patronale. C’est en premier lieu l’idée de deux économistes totalement neutres de renom, MM. Cahuc et
Kramarz. Ensuite, l’idée a été reprise dans le rapport Camdessus (Le sursaut, vers une nouvelle croissance pour la France) ainsi que dans l’ouvrage de Michel Pébereau et Bernard
Spitz. (...)
Cependant, cette thèse repose sur une imposture de taille. L’intérêt du CTU pour ses promoteurs serait de pacifier le clivage existant entre les salariés en CDI, donc en situation
stable, et les salariés en situation de précarité. Nombreux sont ceux qui s’adonnent à penser qu’un salarié muni d’un CDI est aujourd’hui un salarié protégé disposant d’un emploi
stable et sûr à vie. En effet, les entreprises décidées à procéder à des licenciements économiques et à des restructurations en France y arrivent, et le taux de recours (2,5 %) est
faible. (...)
ce contrat unique serait caractérisé par le fait qu’en cas de licenciement pour des raisons strictement économiques, il n’y aurait plus de contrôle du motif de licenciement.
En effet, l’employeur serait déchargé de son obligation de reclassement interne ou externe des salariés et le juge ne pourrait vérifier l’existence d’un motif économique (...)
»
Étonnante ressemblance, vous ne trouvez pas ?
En clair : Le salarié français, dont le salaire médian ne dépasse pas 1 500 €uros ou celui qui dispose d’un CDI à temps partiels sont des privilégiés qui devraient comprendre,
qu’ils doivent perdre leur travail de temps en temps, pour permettre à plus précaire qu’eux de travailler à leur tour ... dans les mêmes conditions !
Car, comme tout le monde le sait en France un CDI apporte sécurité et stabilité ainsi que ... la garantie d’un emploi à vie !
Et sur quoi se base cette brillante réflexion du FMI ?
« (...) le cadre de réflexion utilisé ici est celui de la loi d’Okun , dont la formule est : Δ U = -0,5 x ( Δ Y/Y(%) - 3 : « qui établit une relation entre les variations du taux de
chômage et celles de la production. La diversité des réactions pendant la Grande récession donne à penser que l’évolution du chômage n’est pas seulement déterminée par les
fluctuations de la production — dont l’effet varie en fonction du degré de protection de l’emploi et de la proportion des travailleurs temporaires — mais aussi par les politiques
économiques et les chocs (...) »
Génial et surtout ... incompréhensible pour le commun des mortels qui sont priés de faire confiance au FMI et à ses méthodes de calcul !
Une question, juste pour le « fun » : Dominique Strauss Khan a t-il prévu dans le cadre de son éventuelle candidature en 2012 à la Présidence de la République de
venir nous expliquer les bienfaits durables de la loi d’Okun appliquée aux salariés ?