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le coin de presse, TV du mercredi 31 mars 2010-Montchanin et environs

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Les INFOS de MONTCHANIN

Les INFOS de MONTCHANIN & environs 

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La gauche a gagné, rien ne va plus !

Certes, la gauche a gagné les dernières élections régionales. Mais Philippe Baumel lui demande de ne pas rester sur ses lauriers : l'heure est aux propositions pour faire de la gauche une véritable alternative pour 2012.


(dessin : Louison)
La victoire de dimanche est une heureuse nouvelle pour tous les opposants à Nicolas Sarkozy et à sa politique. Il ne faut pas cependant nous camoufler l’évidence : le rejet d’une politique ne vaut pas affirmation d’une alternative. Cette dernière, essentielle pour notre pays dans un contexte international périlleux, au cœur d’une crise économique majeure, doit voir le jour. L’erreur serait, en effet, que, plus cigales que fourmis, les socialistes estiment 2012 d’ores et déjà gagné et que, par trop d’assurance aveugle, ils sapent eux-mêmes ce qui pourrait faire leur force dans les mois de campagne précédant l’élection présidentielle.

Il faut d’abord constater que l’effondrement de la participation touche principalement les classes populaires. Les perdants de la mondialisation sont ceux qui sont les plus rétifs à se saisir d’un bulletin de vote alors que les scrutins régionaux de 2004, référendaire de 2005 et surtout présidentiel en 2007 avaient montré un vrai sursaut civique de notre pays. La France est une nation politique. Il faut lui parler de son avenir. Il faut lui parler du projet qu’on veut pour elle et du monde dans lequel elle évolue. Sans cette perspective politique, sans ce projet, les citoyens ne retourneront pas aux urnes si facilement.

L’heure est donc au travail. Il reste vingt-quatre mois avant l’élection présidentielle. Un chef de l’Etat discrédité ne fait pas une élection gagnée pour l’opposition. Sur la méthode, il faudra garantir le succès de primaires largement ouvertes, qui seront ainsi le détonateur d’une insurrection électorale, d’une entrée en politique de centaines de milliers de citoyens oeuvrant à l’édification d’un projet solide. Ces primaires permettront la prise de parole civique, libre et non contrainte, éclairée par la seule raison et la volonté de trouver une alternative. Les primaires – et donc le leadership – ne sont pas l’ennemi du projet. Au contraire…

Un projet n’est pas un catalogue de bonnes intentions. Et, pour qu’un projet soit crédible, il faut qu’il parle de la mondialisation. Un projet, ce n’est pas une collection de cadeaux – matériels ou symboliques – faits à des catégories de population. Un projet n’est pas le fruit de l’air du temps – fait d’instantanés sondagiers et de slogans à l’emporte pièce. Un projet, enfin, n’est pas une combinaison d’appareils aussi respectables en soient leurs représentants. Il est évident que l’élection de 2007 a permis à la droite de monopoliser la question du volontarisme politique dans le contexte globalisé et de libre-échange que nous connaissons. L’UMP ne s’y est pas trompée ! Elle a alors fait campagne auprès des mêmes classes populaires qui, aujourd’hui désertent les urnes. Parler de mondialisation, de globalisation financière, de libre-échange, de valorisation du travail par rapport à la finance, c’est s’adresser à cette France qui souffre, qui peine à trouver du travail ou qui souffre au travail. Il y aura des mesures d’urgence à prendre, des explications à avoir avec nos partenaires européens. Ces questions sont celles qui feront les fondations de l’édifice d’une gauche reconstruites. Il nous faudra donc une réponse  à la crise qui ne soit pas celle de l’OMC. Constatons qu’en la matière, Obama s’embarrasse moins du dogmatisme que bien des responsables politiques européens. Si ces questions ne sont pas abordées, si on finasse, si l’on se contente d’accords électoraux superficiels alors l’issue du scrutin sera incertaine.

Primaires, projet, alternative : le plus dur est à venir. Peut-être le plus beau et en tous cas le plus utile.
 

Mardi 30 Mars 2010
Philippe Baumel - Tribune


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