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8 Avril 2011
De plus en plus les archives sont à la vue de tous, même si les générations ultérieures aux actes peuvent RACONTER "mais je n"y était pas ! Mes parents ne m'ont rien dit ! Pour notre part nous savons ce que nos parents ont fait avant, pendant et après la collaboration : une simplicité découverte aujourd'hui par nombre de politiciens. LA RESISTANCE ?
Décembre 2009 : Nicolas Sarkozy décore de la légion d’honneur Édouard Leclerc, le fondateur de la chaine de supermarchés. Pour certains habitants de Landerneau, la ville d’origine de Leclerc, et notamment la famille d’un jeune FTP exécuté, la décoration est honteuse : l’épicier est en effet soupçonné d’avoir livré des noms de résistants à la Kommandantur de la ville pendant l’Occupation. Se conformant à la décision de son prédécesseur, le préfet, Pascal Mailhos (un chiraquien bon teint), obligatoirement consulté selon la législation, aurait même donné un avis défavorable compte tenu de la polémique que pouvait déclencher l’attribution de la breloque. Mais le Président, assez proche du fils Leclerc, Michel-Édouard, a choisi de passer outre.
Emprisonné à la Libération pour « intelligence avec l’ennemi », Édouard Leclerc avait bénéficié d’un non-lieu. Il a depuis gagné tous les procès contre ceux qui ont tenté de remettre l’histoire sur le tapis. C’est aujourd’hui un petit éditeur et journaliste indépendant qui va devoir affronter les foudres judiciaires du géant de la distribution pour avoir « diffamé » son nom : il est convoqué le 7 avril devant le juge d’instruction pour sa mise en examen et sera défendu par Richard Malka.
Depuis plus d’un an, Bertrand Gobin fouille et enquête pour tenter de faire le jour sur cette affaire qui n’a jamais été jugée sur le fond. A force de persévérance, ce Rennais de 46 ans a réuni des documents compromettants qu’il a mis en ligne au fur et à mesure de ses recherches sur son site www.bertrandgobin.com, parmi lesquels un courrier de la Cour de Justice du Finistère stipulant qu'Édouard Leclerc avait été déclaré « irresponsable de ses actes » en 1944. « Un peu fort de café », selon le journaliste : pour échapper à la justice de la Libération, le futur épicier de Landerneau a bénéficié, selon Bertrand Gobin, d’un certificat médical de complaisance sollicité par sa mère qui voulait lui éviter une condamnation à mort presque certaine. Gobin n'accuse pas à la légère : il s'appuie sur un témoignage audio du frère d'Édouard Leclerc lui-même !