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16 Février 2011
: Par Estelle Saget, publié le 07/02/2011 à 13:57
Alors que la polémique enfle sur les méthodes employées par le laboratoire Lilly pour motiver ses visiteurs médicaux, L'Express a pu se procurer deux autres vidéos à usage interne conçues sur le même principe que la scandaleuse parodie de la publicité Orangina. Il s'agit de deux séquences de zapping télé dont les images d'origine ont été conservées, alors que la bande son a été entièrement remontée pour vanter les mérites de Cymbalta, un antidépresseur commercialisé par Lilly.
On y voit notamment Liliane Bettencourt expliquer qu'elle s'est fâchée avec sa fille "qui voulait [lui] imposer un traitement qui ne [lui] convenait pas." Et la milliardaire de préciser: "J'étais sous Seroplex [N.D.L.R.: médicament concurrent du laboratoire Servier] depuis longtemps ; maintenant que je prends Cymbalta, je suis à nouveau moi-même ; fini les Banier, les Patrice de Maistre, je revis."
Un peu plus tard, c'est le président de la République, Nicolas Sarkozy, qui s'entretient avec la journaliste Claire Chazal: "Ai-je été clair sur le profil du patient Cymbalta, madame Chazal, oui, ou non?"
Dans une autre séquence, on entend la voix off expliquer que le champion de natation Alain Bernard, "dépressif", prend maintenant du Cymbalta. Et son entraîneur de conclure: "Je suis optimiste pour les prochains championnats d'Europe."
"Une simple tentative humoristique"
Ces faux zappings ont été diffusés pour la première fois en interne le 16 décembre 2010, lors d'une réunion de cadres au siège de Lilly France, à Suresnes (Hauts-de-Seine), en même temps que les deux parodies des publicités Orangina et des cachous Lajaunie, comme le confirme le directeur des Ressources humaines, Jean-Baptiste Labrusse. Les quatre vidéos ont ensuite été projetées aux visiteurs médicaux au cours de leurs traditionnels séminaires de motivation de la première semaine de janvier. "Ces zappings, qui parodient des personnes publiques, sont regrettables et nous présentons nos excuses à ceux qui pourraient en être blessés, affirme Jean-Baptiste Labrusse. Cependant, je souligne qu'ils n'ont pas le caractère profondément dégradant de la fausse publicité Orangina. On est ici dans une simple tentative humoristique."
Comme les deux premières vidéos, ces zappings mettent en avant un médicament de la division "système nerveux central" de Lilly France, appelée en interne la division "psy". Le porte-parole du laboratoire s'est refusé à confirmer la responsabilité particulière de ce département dans le scandale. "Lors de notre enquête interne, plusieurs personnes ont été sanctionnées, certaines pour leur manque de discernement, d'autres pour leur manque de vigilance", a simplement précisé Jean-Baptiste Labrusse.
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