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Sénatoriales "durdur" pour le PS à voir ! ! !

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Sénatoriales : le raz-de-marée rose n'aura pas lieu

Suite aux victoires de la gauche aux dernières élections locales, l’hypothèse du basculement du Sénat est fort probable. Mais l’obtention d’une courte majorité permettra-t-elle vraiment à l’opposition de prendre la main ? Rien n’est moins sûr…



(Dessin - Louison)
« 28 sièges de plus ». C’est le pronostic optimiste sur lequel tablait encore Jean-Pierre Bel, président du groupe socialiste - qui ambitionne de prendre la tête du Sénat - dans le JDD du week-end dernier. Ce qui permettrait largement à la gauche de faire basculer l'hémicycle le 25 septembre prochain. Mais peut-on véritablement parler de « basculement » ?

En obtenant la majorité des 348 sièges - dont 165 seront renouvelés et 5 seront crées, la gauche réussira certes l’exploit de ravir pour la première fois depuis le début de la Vème République ce temple du conservatisme, traditionnellement ancré à droite. Mais elle peinera certainement à obtenir la majorité absolue qui lui permettrait de prendre la main lors du vote du budget ou des grands textes de loi.

D’autant que la présidence de la chambre haute pourrait bien rester dans l’escarcelle de la droite. Elle est détenue depuis 2008 par un Gérard Larcher qui peut « compter sur le vote de radicaux valoisiens et de certains radicaux de gauche », confie sereinement Alain Marleix, responsable des élections à l’UMP. Faisant référence aux sénateurs qui composent le groupe charnière - et éclectique - RDSE (Rassemblement démocratique et social européen).

Pas de surprise
« Entre 10 et 14 sièges », c’est l’avance potentielle que les barrons de l’UMP espèrent conserver. Mais c’est sans compter avec les candidatures dissidentes revendiquées par les oubliés des listes officielles, tel que Pierre Charon à Paris. C’est « le mauvais exemple » qui peut faire « tâche d’huile en région parisienne », s’inquiète Alain Marleix qui a menacé d’exclure du parti le conseiller en communication déchu de Nicolas Sarkozy. Et d’avouer que « si on se trompe sur notre pronostic, ça peut jouer ».

« Il n’y aura pas de grande surprise aux sénatoriales » veut pourtant croire Alain Marleix qui mise encore sur la surreprésentation des petites communes rurales - généralement conservatrices - dans le collège électoral. Même là où « on a perdu des grandes villes, dans la Marne, où Reims a été perdu, ou dans la Loire (trois grandes villes passées à gauche, ndlr), ça ne changera rien » est-il convaincu. Il n’y a guère « que dans l’Isère où on va perdre un siège », concède le député du Cantal, après avoir cherché un moment « dans sa tête ».

Une majorité relative
De fait, la droite ne possède plus la majorité absolue depuis 2004. Et en 2008, le PS avait déjà conquis la moitié des douze nouveaux sièges créés et en avait ravi plusieurs dans des fiefs de droite : en Ille-et-Vilaine (trois sièges), en Côte-d’Or (deux sièges, dont celui remporté par François Rebsamen) et, non des moindres, en Corrèze, fief chiraquien, où l’UMP avait perdu ses deux sièges.

Au diable le non-cumul des mandats ! Aujourd’hui la gauche, qui détient 153 sièges, est en mesure de remporter les vingt-trois autres qui lui manquent encore pour atteindre la majorité. D’abord parce que les échéances locales récentes ont accouché mécaniquement d’un collège électoral qui lui est favorable. Ensuite parce que cette fois, le renouvellement concernera la moitié – et non plus un tiers - des 348 sénateurs désormais élus pour 6 ans.

Le contexte politique, auquel de nombreux grands électeurs sans étiquettes sont très sensibles, n'est pas non plus négligeable. « Les urnes sénatoriales » donneront « l’état d’esprit des élus locaux », prévient Christophe Borgel, évoquant la réforme des collectivités territoriales et la main-mise « autoritaire » du gouvernement Sarkozy. Si « le mécontentement » se ressent dans les urnes, « ce ne sera pas que d’une courte majorité », s’emballe le secrétaire national du PS. Mais le raz-de-marée rose n’est certainement pas pour demain dans « l’assemblée du seigle et de la châtaigne ». Et une majorité relative risque de ne pas suffire à l'opposition pour renverser la tendance lors des votes importants.


(Capture d'écran Senat.fr - cc)


Dimanche 14 Août 2011
Chloé Demoulin - Marianne


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