De fait, la droite ne possède plus la majorité absolue depuis 2004. Et en 2008,
le PS avait déjà conquis la moitié des douze nouveaux sièges créés et en avait ravi plusieurs dans des fiefs de droite : en Ille-et-Vilaine (trois sièges), en Côte-d’Or (deux
sièges, dont celui remporté par François Rebsamen) et, non des moindres, en Corrèze, fief chiraquien, où l’UMP avait perdu ses deux sièges.
Au diable le non-cumul des mandats ! Aujourd’hui la gauche, qui détient 153 sièges, est en mesure de remporter les vingt-trois autres qui lui manquent encore pour atteindre la majorité.
D’abord parce que les échéances locales récentes ont accouché mécaniquement d’un collège électoral qui lui est favorable. Ensuite parce que cette fois, le renouvellement concernera la moitié
– et non plus un tiers - des 348 sénateurs désormais élus pour 6 ans.
Le contexte politique, auquel de nombreux grands électeurs sans étiquettes sont très sensibles, n'est pas non plus négligeable. «
Les urnes sénatoriales » donneront «
l’état
d’esprit des élus locaux », prévient Christophe Borgel, évoquant la réforme des collectivités territoriales et la main-mise «
autoritaire » du gouvernement Sarkozy. Si «
le
mécontentement » se ressent dans les urnes, «
ce ne sera pas que d’une courte majorité », s’emballe le secrétaire national du PS. Mais le raz-de-marée rose
n’est certainement pas pour demain dans «
l’assemblée du seigle et de la châtaigne ». Et une majorité relative risque de ne pas suffire à l'opposition pour renverser la tendance lors
des votes importants.